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"Dieu, si tu existes, aide-moi je n’en peux plus!"

Je m’appelle Audrey, j’ai 36 ans. Née en Martinique, dans une famille « socialement » catholique, je suis l'aînée d’une fratrie de trois filles. J’ai été catéchisée et reçu les sacrements de l’initiation, à l’exception de la confirmation.

Mon souvenir est celui d’une enfance plutôt heureuse, avec une vie intérieure intense. Très tôt, je réfléchis et intériorise beaucoup. Une scolarité brillante me vaut d'être souvent prise en exemple par mes parents, les professeurs ou encore mon entourage, pour ces "exploits" scolaires. Alors, se développe en moi, un orgueil certain par rapport à ces louanges fréquentes. Dieu, est à l’époque pour moi, un homme à barbe blanche, lointain. J’entendais parler d’un certain "Jésus, Fils de Dieu" mais tout cela me paraît confus et je n’en fais pas cas. Le catéchisme est plutôt comme un cours particulier, avec un livre d’histoires comme les autres et l’occasion de rencontrer les "copains-copines". A la maison, on ne prie que rarement et on fréquente l’Eglise uniquement pour les fêtes en famille.


Puis, arrive le moment de l’adolescence, le lycée, les amis, la recherche de la popularité. Très vite, je sens en moi une grande soif d’affection, d’attention, d’amour. Cette soif je vais chercher à l’étancher dans les relations affectives avec les garçons.

A l’âge de 15 ans, je perds ma virginité avec l’un d’entre eux. Suite à ce premier rapport, je me sens salie, souillée. Ce n’est vraiment pas le "conte de fées" que j’avais imaginé.

Ce garçon d’ailleurs s’éloigne très vite. Ce n’est pas ma première déception amoureuse, et dès lors, les relations vont s’enchaîner, toujours soldées par des déceptions plus douloureuses les unes que les autres. Dans ce marasme affectif, les études ont perdu de leur importance, et je passe plus de temps à chercher le "prince charmant" qu’à étudier à la maison. Les relations avec mes parents se dégradent, je deviens une adolescente rebelle, éprise de liberté et d’indépendance. Me sentant brimée et étouffée par ma famille, je rêve de grands horizons, mais aussi de vivre loin d’eux pour être libre de mes mouvements.


Bac en poche, je vais enfin pouvoir réaliser mon rêve d’indépendance ! A 18 ans, me voici en métropole pour mes études supérieures. Très vite, le rêve se transforme en cauchemar… Je commence à alterner dépressions intenses et exaltations sans limites et je sombre très vite dans une vie de débauche, avec drogues, alcool et fornication (relations sexuelles hors mariage). J’essaie de m’accrocher dans les études tant bien que mal, mais me concentrer est devenu difficile et je m’apprête à essuyer mon premier échec scolaire. C’est dans cette période sombre, alors que je suis au plus bas, que le Seigneur viendra me rencontrer.


J’ai 19 ans, c’est le weekend de Pentecôte. Mes tantes m’invitent à une retraite, je les suis. J’arrive à cette retraite le cœur lourd, chargé d’angoisses et d’inquiétudes quant à mon avenir. Voilà plusieurs années que je ne vais plus à l’Eglise que pour les baptêmes ou communions et je suis venue à cette retraite pour ne pas rester seule chez moi à broyer du noir. Mais le Seigneur, lui, avait son plan. Je participe aux différents temps proposés, sans plus d’intérêt. Le dernier jour de la retraite, au comble de l’angoisse, je suis irrésistiblement attirée vers la chapelle. Je me mets à genou devant l’autel et je m’entends dire : "Dieu, si tu existes, aide-moi je n’en peux plus!" Et je fonds en larmes. Instantanément, une puissante douceur, une paix, une joie, un amour… une présence. C’est à la fois au-dedans et au dehors de moi. Jamais je n’avais éprouvé ce sentiment de plénitude. C’est une évidence : non seulement Dieu existe, mais il est tout proche ! Il m’aime, infiniment et sans condition! En partant de cette retraite je suis en paix. Je décide de faire un cadeau à Celui qui m’aime et que je ne peux qu’aimer en retour. Je vais demander le sacrement de confirmation.


Je commence alors à me rapprocher de ce Dieu d’amour et je vais à la messe assez régulièrement le dimanche. Trois ans après ma rencontre avec le Seigneur, je reçois le sacrement de confirmation, avec une joie véritable ! Pourtant… je n’ai pas lâché les vieilles habitudes. Je vis dans la fornication et je touche encore au cannabis.

Les dépressions et euphories qui s’étaient plus ou moins calmées reprennent de plus belle, et je vais jusqu’à faire une tentative de suicide. Ma vie professionnelle et personnelle est instable, aussi je vais vivre l’épreuve de la maladie.


J’ai 25 ans, on me diagnostique des troubles bipolaires, ainsi qu’une endométriose nécessitant plusieurs opérations chirurgicales. Cette nouvelle épreuve est l’occasion pour le Seigneur de manifester Sa gloire dans ma vie. Il met sur ma route une communauté nouvelle, alors que je vis depuis peu à Tahiti. C’est la communauté Famille Marie-Jeunesse, qui sous le patronage de la Vierge Marie, œuvre à l’évangélisation des jeunes. Les frères et sœurs sont heureux, souriants, et surtout, ils m’accueillent comme je suis. Pendant deux ans, je vais cheminer avec eux.


C’est durant ce temps que le Seigneur viendra me surprendre à nouveau en m’appelant à me consacrer à lui dans la vie religieuse. Malgré ma bonne volonté et le désir de lui donner mon "oui", je finis par dire "non" et décide de cheminer vers le mariage avec un jeune homme que je viens de rencontrer. Je fais ce choix contre les conseils de mon conseiller spirituel, et il aura des conséquences malheureuses puisque je divorce quelques mois après le mariage – seulement civil, par Grâce ! Dans mon entêtement, s’ensuivront plusieurs relations et échecs amoureux.


C’est lors de la dernière relation que le Seigneur est revenu me chercher, m’a sortie de la fornication et a renouvelé son appel à Lui donner ma vie. Comme si ça ne suffisait pas, il est allé jusqu’à me guérir des troubles psychiques. Alors, par Sa Grâce, je garde ma tête contre son cœur, car je sais que si je m’en éloigne, je suis perdue.

Aujourd’hui avec Lui je suis sur le chemin de la vie religieuse pour me faire toute à Tous, toute à Lui, et enfin entrer dans son plan d’Amour. Que toute la gloire revienne à Dieu, éternellement !


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